Taille texte
Conteur de memoires Biographe familial - Ecrivain public

La vie à la ferme

Imprimer E-mail

Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
 

"Une provinciale à Paris”

Les derniers jours d'août ont passé à une vitesse incroyable en cette année 1963. Le soleil brille dans le ciel et chauffe copieusement notre bonne vieille terre. Certains soirs, je me mets à admirer cette boule incandescente qui disparaît au loin derrière l'horizon des arbres. Les durs travaux de la ferme sont achevés, je vais partir, ma décision est prise, mais je ressens une certaine angoisse face à l'inconnu. Je suis ici et là-bas et j'ignore ce qui m'attend.

Alors que les citadins rentrent de vacances, je sais que je vais m'en aller. je ne verrai pas les arbres prendre leurs couleurs si chaudes d'automne, passant du vert au jaune, arborant de superbes feuilles aux teintes brunes, rousses, orangées, pour bientôt tomber sur le sol, formant d'immenses tapis qui bruisseront sous nos pieds.

Pas plus que je ne verrai la campagne en hiver, se couvrir de cette belle neige floconneuse et immaculée, ce manteau tout blanc recouvrant la terre. La campagne enneigée et soudain silencieuse, totalement calme, a quelque chose d'oppressant.

Je vais donc quitter ce coin de Bretagne où je suis née voilà près de trente ans, par un beau dimanche de rameaux merveilleusement ensoleillé. C'est là que mon enfance s'est écoulée, puis ma jeunesse, dans une petite commune située à une vingtaine de kilomètres de Rennes, un lieu calme et rempli de verdure, offrant de bien séduisants attraits pour les touristes.

Les Iffs est bien connu pour sa très belle église de style gothique flamboyant, édifiée au XIVème et XVème siècle.

 

A quelques centaines de mètres du bourg, en suivant la route vers Tinteniac, on aperçoit au bout d'une longue allée d'arbres séculaires, le spectaculaire château de Montmuran, entouré de douves, dont l'accès fut toujours protégé par son impressionnant pont-levis. Les amateurs d'histoire moyenâgeuse aiment se recueillir devant ces belles murailles qui surent résister à l'envahisseur. C'est dans sa chapelle que le célèbre Du Guesclin fut armé chevalier!

Ce château domine une vaste plaine boisée, vers Tinteniac, un étang a longtemps attiré les pêcheurs, les pommiers y sont magnifiques en mai, les talus se couvrent de primevères, de violettes et de boutons d'or au printemps, au détour d'un sentier, surgissent des maisons, des fermes, c'est dans l'une d'elles que j'ai vu le jour......

La famille, ainsi que les voisins qui se penchaient sur le berceau répétaient à maman: "Tu as de la chance d'avoir une petite fille, elle t'aidera plus tard, c'est mieux qu'un garçon pour toi".

Mon père comme bien souvent les papas, aurait préféré un fils.

Madame Bona, une brave voisine d'une soixantaine d'années qui venait aider mes parents dit: "Elle est toute petite ta fille, tu n'auras qu'à faire bouillir des croûtes de pain, tu les mettras dans son lait et tu verras comme elle poussera bien!"

Bien entendu, les conseils furent suivis, à trois mois, j'étais déjà ferme et souriante, je faisais l'admiration de madame Bona qui n'avait pas eu d'enfant.

"Qu'elle est belle et enjouée ta petite fille".

Une totale confidentialite

Cette clause de confidentialité, garante d’une confiance indispensable à notre future relation, est particulièrement importante dans ma déontologie. Je garantis aux narrateurs la plus grande discrétion. Ce qui ne sera pas imprimé dans le livre restera entre vous et moi.